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L'île des esclaves

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L'utopie dans L'Île des esclaves

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ess.shtml

L'utopie dans L'Île des esclaves

La piece en tant qu’utopie

 

 

 

 

l'utopie dans

L'île des esclaves

 

 

 

[N. B.  Aussi bien dans son contenu, dans son déroulement, que dans l'aménagement spatial de la pièce, cet exposé mime un cours qui se développerait devant le public constitué du reste de la classe.]

 

Introduction :

 

Tout d’abord qu’est-ce que l’utopie ?

 

Alors le mot utopie ça vient du titre d’un roman de Thomas Moore (1516). En fait, l’utopie ça désigne un pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux. Par extension le mot est synonyme d’un idéal politique ou social ne tenant pas compte de la réalité.

On a déjà défini et étudié les rapports maître et valet au XVIIIe siècle en cours. Mais ce que l’on aimerait savoir c’est comment l’utopie peut nous permettre de comprendre les rapports maitre / valet au XVIIIe siècle.

Nous allons étudier dans une première partie l’histoire de l’île et voir en quoi cette île « semble » utopique. Ensuite nous verrons l’inversion des rôles entre maîtres et valets, et l’évolution de leurs rapports. Enfin nous terminerons par la fin de cette utopie et son influence sur les rapports entre maître et valet.

 

 

 

I) île et utopie :

 

a) Histoire de l’île des esclaves (scène 1) :

Sur une île imaginaire, à la suite d’évènements historiques fictifs, se sont installés des « esclaves » grecs, révoltés contre leurs seigneurs et propriétaires. Ils y ont fait souche et ils s’y sont organisés en République. Leurs descendants ont édicté une loi, jetant dans « l’esclavage » les maîtres qui aborderaient l’île. à l’inverse, les « esclaves » ont le droit de se comporter en maître. Ici deux couples maîtres / valets se sont échoués sur l’île des esclaves : Iphicrate / Arlequin et Euphrosine / Cleanthis qui étaient dans le même bateau qui s’est échoué et qui provenait d’Athènes. Donc Marivaux plante bien un décor et une histoire de l’île totalement fictifs pour pouvoir bien « rentrer» la pièce, les personnages et les lecteurs dans l’utopie.

 

 

b) île  = utopie  :

L’extrait choisi est dans la première scène. C’est le début de la pièce, c’est la scène d’exposition.

 

 

Scène I

Iphicrate s'avance tristement sur le théâtre avec Arlequin.

IPHICRATE, après avoir soupiré : Arlequin ?

ARLEQUIN, avec une bouteille de vin qu'il a à sa ceinture : Mon patron !

IPHICRATE : Que deviendrons-nous dans cette île ?

ARLEQUIN : Nous deviendrons maigres, étiques, et puis morts de faim ; voilà mon sentiment et notre histoire.

IPHICRATE : Nous sommes seuls échappés du naufrage ; tous nos amis ont péri, et j'envie maintenant leur sort.

ARLEQUIN : Hélas ! ils sont noyés dans la mer, et nous avons la même commodité.

IPHICRATE : Dis-moi ; quand notre vaisseau s'est brisé contre le rocher, quelques-uns des nôtres ont eu le temps de se jeter dans la chaloupe ; il est vrai que les vagues l'ont enveloppée : je ne sais ce qu'elle est devenue ; mais peut-être auront-ils eu le bonheur d'aborder en quelque endroit de l'île et je suis d'avis que nous les cherchions.

ARLEQUIN : Cherchons, il n'y a pas de mal à cela ; mais reposons-nous auparavant pour boire un petit coup d'eau-de-vie. J'ai sauvé ma pauvre bouteille, la voilà ; j'en boirai les deux tiers comme de raison, et puis je vous donnerai le reste.

IPHICRATE : Eh ! ne perdons point notre temps ; suis-moi : ne négligeons rien pour nous tirer d'ici. Si je ne me sauve, je suis perdu ; je ne reverrai jamais Athènes, car nous sommes seuls dans l'île des Esclaves.

ARLEQUIN : Oh ! oh ! qu'est-ce que c'est que cette race-là ?

IPHICRATE : Ce sont des esclaves de la Grèce révoltés contre leurs maîtres, et qui depuis cent ans sont venus s'établir dans une île, et je crois que c'est ici : tiens, voici sans doute quelques unes de leurs cases ; et leur coutume, mon cher Arlequin, est de tuer tous les maîtres qu'ils rencontrent, ou de les jeter dans l'esclavage.

ARLEQUIN : Eh ! chaque pays a sa coutume ; ils tuent les maîtres, à la bonne heure ; je l'ai entendu dire aussi ; mais on dit qu'ils ne font rien aux esclaves comme moi.

IPHICRATE : Cela est vrai.

ARLEQUIN : Eh ! encore vit-on.

IPHICRATE : Mais je suis en danger de perdre la liberté et peut-être la vie : Arlequin, cela ne suffit-il pas pour me plaindre ?

ARLEQUIN, prenant sa bouteille pour boire : Ah ! je vous plains de tout mon cœur, cela est juste.

IPHICRATE : Suis-moi donc ?

ARLEQUIN siffle : Hu ! hu! hu !

IPHICRATE : Comment donc ! que veux-tu dire ?

ARLEQUIN, distrait, chante : Tala ta lara.

IPHICRATE : Parle donc ; as-tu perdu l'esprit ? à quoi penses-tu ?

ARLEQUIN, riant : Ah ! ah ! ah ! Monsieur Iphicrate, la drôle d'aventure ! je vous plains, par ma foi ; mais je ne saurais m'empêcher d'en rire.

IPHICRATE, à part les premiers mots : Le coquin abuse de ma situation : j'ai mal fait de lui dire où nous sommes. Arlequin, ta gaieté ne vient pas à propos ; marchons de ce côté.

ARLEQUIN: J'ai les jambes si engourdies !...

IPHICRATE : Avançons, je t'en prie.

ARLEQUIN : Je t'en prie, je t'en prie ; comme vous êtes civil et poli ; c'est l'air du pays qui fait cela.

 

 

                  Cet extrait nous informe sur la nature des habitants de l’île : ils viennent de la Grèce, révoltés. Il nous informe aussi du sort des maîtres sur cette île.

L’utopie est un non-lieu, souvent représentée par un lieu coupé du monde comme une île ou un château. L’utopie fait partie de la fiction, c’est irréalisable, comme si on changeait le rôle entre les professeurs et les élèves, ce n’est pas possible. Ici nous avons deux utopies, l’île et la façon d’imaginer Athènes.

                  On peut penser que la pièce relève de la mimesis. « mimesis » est un mot grec qui veut dire imitation (ce n’est pas une illusion). Elle relève donc de la mimesis car les valets adoptent les comportements, le langage des maîtres ; c’est une imitation. La pièce est aussi in medias res ; qui vient du latin et qui veut dire au milieu des choses, dans une pièce de théâtre ça veut dire en plein dans l’action. C'est vrai que L’île des esclaves commence directement dans le vif de l’action. Ici la contrainte du changement est imposée par Trivelin qui dirige l’île et qui intervient dès la première scène.

                 

 

 

 

II) Inversion des rôles :

 

  a) Iphicrate et Arlequin ; changement de noms et de condition sociale :

L’extrait choisi est dans la scène II. Dans la scène II, Trivelin survient et désarme Iphicrate. Il condamne, « pour trois ans au moins », Iphicrate à prendre le nom et la place d’Arlequin, tandis qu’Arlequin prendra ceux d’Iphicrate. Une nouvelle loi de l’île veut, en effet, qu’on ne tue plus les maîtres, mais qu’on les rende « humains, raisonnables et généreux ». Pour parvenir à ce résultat, l’échange des rôles paraît la meilleure solution.

 

TRIVELIN : Ne m'interrompez point, mes enfants. Je pense donc que vous savez qui nous sommes. Quand nos pères, irrités de la cruauté de leurs maîtres, quittèrent la Grèce et vinrent s'établir ici dans le ressentiment des outrages qu'ils avaient reçus de leurs patrons, la première loi qu'il y firent fut d'ôter la vie à tous les maîtres que le hasard ou le naufrage conduirait dans leur île, et conséquemment de rendre la liberté à tous les esclaves ; la vengeance avait dicté cette loi ; vingt ans après la raison l'abolit, et en dicta une plus douce. Nous ne nous vengeons plus de vous, nous vous corrigeons ; ce n'est plus votre vie que nous poursuivons, c'est la barbarie de vos cœurs que nous voulons détruire ; nous vous jetons dans l'esclavage pour vous rendre sensible aux maux qu'on y éprouve : nous vous humilions, afin que, nous trouvant superbes, vous vous reprochiez de l'avoir été. Votre esclavage, ou plutôt votre cours d'humanité dure trois ans, au bout desquels on vous renvoie si vos maîtres sont contents de vos progrès ; et, si vous ne devenez pas meilleurs, nous vous retenons par charité pour les nouveaux malheureux que vous iriez faire encore ailleurs, et, par bonté pour vous, nous vous marions avec une de nos concitoyennes. Ce sont nos lois à cet égard ; mettez à profit leur rigueur salutaire, remerciez le sort qui vous conduit ici ; il vous remet en nos mains durs, injustes et superbes. Vous voilà en mauvais état, nous entreprenons de vous guérir ; vous êtes moins nos esclaves que nos malades, et nous ne prenons que trois ans pour vous rendre sains, c'est-à-dire humains, raisonnables et généreux pour toute votre vie.

 

Donc on voit bien à travers cette scène que l’île est bien utopique car elle impose l’échange entre maîtres et valets, ce qui est totalement impossible à Athènes. On peut rapprocher cette scène d’une autre pièce de Marivaux ; La Colonie qui ne concerne pas l’inversion des rapports maître / valet mais ceux des hommes / femmes. Arrivée d’Iphicrate et Euphrosine, Cléanthis et Arlequin. Contrairement à Dorante ou Sylvia, dans Le jeu de l’amour et du hasard, Iphicrate et Euphrosine sont forcés de renoncer à leur statut de maître (ils ne veulent pas et ne le désirent pas). Mais ils n'ont pas d'autre échappatoire.

 

b) Iphicrate et Arlequin ; acceptation du portrait que lui dresse son esclave :

L’extrait choisi est  dans la scène V. Nous sommes arrivés à la moitié de la pièce et Arlequin – Iphicrate ont changé de vêtements.

 

 

TRIVELIN, à Iphicrate : Ne vous épouvantez point de ce que je vais dire. (À Arlequin.) Instruisez-moi d'une chose. Comment se gouvernait-il là-bas ? avait-il quelque défaut d'humeur, de caractère ?

ARLEQUIN, riant : Ah ! mon camarade, vous avez de la malice ; vous demandez la comédie.

TRIVELIN : Ce caractère-là est donc bien plaisant ?

ARLEQUIN : Ma foi, c'est une farce.

TRIVELIN : N'importe, nous en rirons.

ARLEQUIN, à Iphicrate : Me promets-tu d'en rire aussi ?

IPHICRATE, bas : Veux-tu achever de me désespérer ? Que vas-tu lui dire ?

ARLEQUIN : Laisse-moi faire ; quand je t'aurai offensé, je te demanderai pardon après.

TRIVELIN : Il ne s'agit que d'une bagatelle ; j'en ai demandé autant à la jeune fille que vous avez vue, sur le chapitre de sa maîtresse.

ARLEQUIN : Eh bien, tout ce qu'elle vous a dit, c'était des folies qui faisaient pitié, des misères ? gageons.

TRIVELIN : Cela est encore vrai.

ARLEQUIN : Eh bien, je vous en offre autant ; ce pauvre jeune garçon n'en fournira pas davantage ; extravagance et misère, voilà son paquet ; n'est-ce pas là de belles guenilles pour les étaler ? Étourdi par nature, étourdi par singerie, parce que les femmes les aiment comme cela ; un dissipe-tout ; vilain quand il faut être libéral, libéral quand il faut être vilain ; bon emprunteur, mauvais payeur ; honteux d'être sage, glorieux d'être fou ; un petit brin moqueur des bonnes gens ; un petit brin hâbleur : avec tout plein de maîtresses qu'il ne connaît pas ; voilà mon homme. Est-ce la peine d'en tirer le portrait ? (À Iphicrate.) Non, je n'en ferai rien, mon ami, ne crains rien.

TRIVELIN : Cette ébauche me suffit. (À Iphicrate.) Vous n'avez plus maintenant qu'à certifier pour véritable ce qu'il vient de dire.

 

 

                  Trivelin demande à Arlequin de dresser le portrait d’Iphicrate. Il lui demande même des défauts d’humeur ou de caractère. On peut noter un grand nombre de mots qui appartiennent au champ lexical qui suscite la pitié.

 

 

III) Retour aux anciennes conditions sociales (Maître et valet) :

 

a) Relation maître / valet moins difficile qu’au début, évolution dans le rapport maître / valet ; compréhension de la condition de l’autre :

Le passage choisi est dans la scène IX.

 

ARLEQUIN, pleurant : Eh ! qui est-ce qui te dit que je ne t'aime plus ?

IPHICRATE : Tu m'aimes, et tu me fais mille injures ?

ARLEQUIN : Parce que je me moque un petit brin de toi ; cela empêche-t-il que je t'aime ? Tu disais bien que tu m'aimais, toi, quand tu me faisais battre ; est-ce que les étrivières sont plus honnêtes que les moqueries ?

IPHICRATE : Je conviens que j'ai pu quelquefois te maltraiter sans trop de sujet.

ARLEQUIN : C'est la vérité.

IPHICRATE : Mais par combien de bontés ai-je réparé cela !

ARLEQUIN : Cela n'est pas de ma connaissance.

IPHICRATE : D'ailleurs, ne fallait-il pas te corriger de tes défauts ?

ARLEQUIN : J'ai plus pâti des tiens que des miens ; mes plus grands défauts, c'était ta mauvaise humeur, ton autorité, et le peu de cas que tu faisais de ton pauvre esclave.

IPHICRATE : Va, tu n'es qu'un ingrat au lieu de me secourir ici, de partager mon affliction, de montrer à tes camarades l'exemple d'un attachement qui les eût touchés, qui les eût engagés peut-être à renoncer à leur coutume ou à m'en affranchir, et qui m'eût pénétré moi-même de la plus vive reconnaissance !

ARLEQUIN : Tu as raison, mon ami ; tu me remontres bien mon devoir ici pour toi ; mais tu n'as jamais su le tien pour moi, quand nous étions dans Athènes. Tu veux que je partage ton affliction, et jamais tu n'as partagé la mienne. Eh bien ! va, je dois avoir le cœur meilleur que toi ; car il y a plus longtemps que je souffre, et que je sais ce que c'est que de la peine. Tu m'as battu par amitié : puisque tu le dis, je te le pardonne ; je t'ai raillé par bonne humeur, prends-le en bonne part, et fais-en ton profit. Je parlerai en ta faveur à mes camarades, je les prierai de te renvoyer, et, s'ils ne veulent pas, je te garderai comme mon ami ; car je ne te ressemble pas, moi ; je n'aurai point le courage d'être heureux à tes dépens.

IPHICRATE, s'approchant d'Arlequin : Mon cher Arlequin, fasse le ciel, après ce que je viens d'entendre, que j'aie la joie de te montrer un jour les sentiments que tu me donnes pour toi ! Va, mon cher enfant, oublie que tu fus mon esclave, et je me ressouviendrai toujours que je ne méritais pas d'être ton maître.

ARLEQUIN : Ne dites donc point comme cela, mon cher patron : si j'avais été votre pareil, je n'aurais peut-être pas mieux valu que vous. C'est à moi à vous demander pardon du mauvais service que je vous ai toujours rendu. Quand vous n'étiez pas raisonnable, c'était ma faute.

IPHICRATE, l'embrassant : Ta générosité me couvre de confusion.

 

 

Idées émises : Plus la pièce avance, et moins le valet devient agressif envers son maître et plus le maître comprend là à quel point il maltraitait son valet et à quel point sa situation était malheureuse. Et l’on se rapproche comme ça petit à petit d’une situation complètement irréaliste, que l’on finit d’ailleurs par atteindre : les maîtres et les valets s’excusent presque d’avoir été trop mauvais.

 

b) Mais, au retour à Athènes, les relations vont-elles rester ainsi ? Les maîtres ne vont-ils pas reprendre le dessus ?

 

Le passage choisi est la totalité de la scène XI.

 

 

 

 

Scène XI  

Trivelin et les acteurs précédents.

 

TRIVELIN : Que vois-je ? vous pleurez, mes enfants ; vous vous embrassez !

ARLEQUIN : Ah ! vous ne voyez rien ; nous sommes admirables ; nous sommes des rois et des reines. En fin finale, la paix est conclue, la vertu a arrangé tout cela ; il ne nous faut plus qu'un bateau et un batelier pour nous en aller : et si vous nous les donnez, vous serez presque aussi honnêtes gens que nous.

TRIVELIN : Et vous, Cléanthis, êtes-vous du même sentiment ?

CLEANTHIS, baisant la main de sa maîtresse : Je n'ai que faire de vous en dire davantage ; vous voyez ce qu'il en est.

ARLEQUIN, prenant aussi la main de son maître pour la baiser : Voilà aussi mon dernier mot, qui vaut bien des paroles.

TRIVELIN : Vous me charmez. Embrassez-moi aussi, mes chers enfants ; c'est là ce que j'attendais. Si cela n'était pas arrivé, nous aurions puni vos vengeances, comme nous avons puni leurs duretés. Et vous, Iphicrate, vous, Euphrosine, je vous vois attendris ; je n'ai rien à ajouter aux leçons que vous donne cette aventure. Vous avez été leurs maîtres, et vous en avez mal agi ; ils sont devenus les vôtres, et ils vous pardonnent ; faites vos réflexions là-dessus. La différence des conditions n'est qu'une épreuve que les dieux font sur nous : je ne vous en dis pas davantage. Vous partirez dans deux jours et vous reverrez Athènes. Que la joie à présent, et que les plaisirs succèdent aux chagrins que vous avez sentis, et célèbrent le jour de votre vie le plus profitable.

 

 

Idées émises : Lors de leur retour à Athènes, les couples maître / valet vont sûrement sortir de cette utopie, de ce rêve (pour les valets), de ce cauchemar (pour les maîtres), de cette situation totalement irréaliste, impensable, pour les maîtres surtout. Ils vont sortir (les maîtres) de cette pression que leur mettait Trivelin, de plus, sur une île qui représente exactement l’idée que l'on se fait d'un monde utopique. Il y a donc de grandes chances pour que les maîtres reprennent le dessus sur leurs valets et que les situations redeviennent comme avant.

 

 

 

Conclusion :

 

                  Donc qu’est-ce que vous avez retenu de ce cours ?

 

En effet, il y a trois étapes, l’arrivée sur l’île qui correspond « à l'entrée dans l'utopie » ; l'inversion des rôles ; le retour aux anciens rôles des maîtres / valets qui correspondent à la « sortie de l'utopie ». On voit donc que l’île des esclaves est bien une île utopique. Marivaux s’est donc bel et bien inspiré de Moore qui avait révolutionné toutes les idées reçues sur les idéaux de plénitude en écrivant son livre. Donc L’île des esclaves = utopie car elle permet bien l’inversion des rôles maître / valet. Mais cette utopie qui est imposée aux maîtres n'est pas complète car quand on rentre dans l’utopie on peut en ressortir. Donc on peut expliquer les rapports maître / valet au XVIIIe siècle par le biais de l’utopie qui offre une influence bénéfique à ces rapports.

                  Surtout, l’île doit être perçue comme un lieu de transition. Le renversement social auquel nous assistons sur la scène permet moins une révolution qu’une éducation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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